Manifestation à Strasbourg pour la libération d’Öcalan

Manifestation à Strasbourg pour la libération d’Öcalan

Cette manifestation pour la libération d’Öcalan et des prisonniers politiques est d’une importance historique. Non seulement par le nombre de manifestants, 15 à 20 mille, mais également par sa dimension internationale.  La marche des internationalistes, partie de Luxembourg-ville le 1er février et qui a rejoint la manifestation à Strasbourg, montre également la constitution d’un courant international autour de la question kurde et du confédéralisme démocratique. Plus de 70 personnes de 18 nationalités ont marché pendant 11 jours et ont traversé de nombreuses localités où ils ont pu discuté avec des membres des équipes municipales et des habitants de la situation au Kurdistan.

Dans le même temps, une manifestation à Milan a regroupé plus de 10 000 manifestants. Fait important : la communauté kurde en Italie est petite, la manifestation était ainsi composée de nombreux italiens.

Le confédéralisme démocratique a une vocation universelle, sa dimension politique n’est pas réservée aux conditions spécifiques du Moyen-Orient. Sa proposition de construire une société basée sur la démocratie radicale ne date pas d’hier mais il est en cela original qu’il propose une nouvelle approche de l’État. La construction d’une société émancipée de l’Etat n’est pas pensée dans un cadre  lointain que nous attendrions après une révolution. Mais la révolution se construit dès aujourd’hui par la création d’institutions parallèles à l’Etat, communes, assemblées, cercles de réflexion et par la reprise en main de l’économie au niveau local. Ne plus attendre de l’État qu’il nous encadre mais prendre nos vies en mains. Renforcer la « société démocratique » afin que celle-ci prenne en charge les missions exercées par l’Etat, dans le contexte politique de l’état-nation.

Cette évolution philosophique est le fruit d’une longue réflexion qui aboutit aujourd’hui à une nouvelle situation : celle d’une nouvelle société alternative à l’État dont l’incarnation la plus proche est le Rojava en Syrie. Une structure de société où la démocratie prévaut sur l’État et le pouvoir. Une société où les violences contre les femmes, les minorités et les classes exploitées sont combattues à tous les échelons et où l’État est réduit au stricte minimum. En effet, il s’agit de comprendre que nous ne pouvons pas détruire totalement l’Etat, tout comme il existera toujours du pouvoir, mais nous pouvons le réduire dans l’optique de permettre à la société démocratique de prendre le dessus.

C’est en cela que cette nouvelle approche pour combattre « la modernité capitaliste » et son système politique, l’État-nation, commence à prendre racines au delà du Kurdistan.

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